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le compagnon idéal pour les managers qui veulent progresser sans perdre le sens du réel

Ce blog vous accompagne au quotidien : on y suit les aventures de Vincent Mathieu, on y explore les personnalités difficiles, on y découvre des outils concrets et on y questionne la posture du leader. l’objectif : vous offrir des repères solides, modernes et immédiatement actionnables, en respectant l’expérience, le bon sens de terrain et la réalité de vos responsabilités.

RASCI : l’outil pour enfin savoir qui fait quoi (et arrêter les malentendus)

Dans combien de projets vous êtes-vous retrouvé avec ces phrases :

  • « Je pensais que c’était toi qui devais le faire… »
  • « Personne ne m’a prévenu… »
  • « Mais ce n’est pas dans mon périmètre ! »

Ce flou sur les responsabilités épuise les équipes, alimente les tensions et plombe la performance.
À l’inverse, quand chacun sait exactement quel est son rôle, les décisions sont plus rapides, les projets avancent mieux et les conflits diminuent.

La matrice RASCI est un des outils les plus simples pour y parvenir. Elle ne demande ni logiciel compliqué ni consultance à plusieurs zéros : juste un tableau, un peu de méthode… et la volonté de mettre les choses au clair.


1. RASCI : c’est quoi exactement ?

RASCI est un acronyme qui permet de clarifier le rôle de chaque acteur sur une activité, une tâche ou un projet.

Les 5 lettres signifient :

  • R – Responsible (Réalise) :
    Celui qui fait le travail, exécute la tâche. Il produit le livrable. Il peut y avoir plusieurs R, mais ce n’est pas l’idéal.
  • A – Accountable (Autorité) :
    Celui qui porte la responsabilité finale. Il valide, tranche, rend des comptes. Il n’y en a qu’un seul par tâche : c’est le “propriétaire” du sujet.
  • S – Support (Support) :
    Ceux qui apportent de l’aide opérationnelle au R : ressources, expertise, moyens, outils.
  • C – Consulted (Consulté) :
    Ceux que l’on consulte avant de décider ou d’agir, parce qu’ils ont un impact ou une expertise. Ils participent au dialogue.
  • I – Informed (Informé) :
    Ceux qu’on tient informés une fois la décision prise ou l’action réalisée.

L’idée est simple : pour chaque tâche clé, on définit qui est R, A, S, C, I.
Résultat : vous réduisez drastiquement les flous et les « Ce n’était pas clair… ».


2. Pourquoi le RASCI est si utile au manager ?

Le RASCI est un outil précieux pour un manager parce qu’il permet de :

  1. Clarifier les responsabilités
    Fini les « On » flous : On doit revoir la procédure, On devrait répondre au client. Qui est “On” ? Le RASCI vous oblige à mettre des noms et des rôles.
  2. Limiter les conflits de territoire
    Quand tout le monde pense être responsable, personne ne l’est vraiment. Quand personne ne se sent propriétaire d’un sujet, il finit en friche. La matrice met chacun à sa juste place.
  3. Accélérer les décisions
    Savoir qui est A (Accountable) permet de ne pas bloquer des semaines à attendre l’avis de tout le monde. On consulte qui doit l’être, on informe qui doit l’être… mais on sait qui tranche au final.
  4. Protéger les équipes de la surcharge
    Quand vous mettez noir sur blanc qui est R et qui est S, vous voyez tout de suite si une personne est sur-sollicitée et si une autre ne l’est jamais. C’est un excellent outil de rééquilibrage de charge.
  5. Faciliter l’onboarding et les changements d’organisation
    Un nouveau collaborateur arrive ? Un service est réorganisé ? La matrice RASCI rend immédiatement lisible « Qui fait quoi » et « Qui décide quoi », sans devoir deviner les jeux de pouvoir cachés.

En clair : la matrice RASCI est l’outil parfait pour passer du flou relationnel à la clarté opérationnelle.


3. Comment construire une matrice RASCI pas à pas ?

Étape 1 – Lister les activités ou livrables

Commencez par la colonne de gauche : les tâches clés ou livrables principaux du projet ou du processus.

Par exemple, pour un projet de lancement de produit :

  • Étude de marché,
  • Définition de l’offre,
  • Conception du packaging,
  • Plan marketing,
  • Formation des équipes commerciales,
  • Mise en ligne du site produit,
  • Suivi des ventes et ajustements.

L’idée n’est pas d’entrer dans un niveau de détail délirant, mais de couvrir les grandes étapes qui font vraiment la différence sur la réussite du projet.


Étape 2 – Lister les acteurs

En haut du tableau, inscrivez les rôles ou les personnes impliquées :

  • Chef de projet,
  • Marketing,
  • Commercial / Sales,
  • Production,
  • Qualité,
  • Direction générale,
  • Service client, etc.

Travailler par rôles plutôt que par noms permet de réutiliser la matrice pour d’autres projets ou d’autres équipes, même si les personnes changent.


Étape 3 – Attribuer R, A, S, C, I

Pour chaque tâche, allez ligne par ligne et posez-vous les questions suivantes :

  • Qui réalise concrètement ? → R
  • Qui porte la responsabilité finale ? → A (un seul par ligne)
  • Qui apporte un support opérationnel indispensable ? → S
  • Qui doit être consulté avant de décider ? → C
  • Qui doit être informé du résultat ? → I

Quelques règles de base :

  • Un seul A par tâche. Sinon, personne ne décide vraiment.
  • Au moins un R par tâche, sinon rien ne se passe.
  • C et I restent raisonnables : si tout le monde est consulté et informé sur tout, plus rien n’avance.

Vous pouvez construire la matrice en atelier avec l’équipe : c’est souvent là que les vrais sujets de fond émergent (« Je pensais que c’était toi », « En fait, personne ne valide jamais vraiment ça… »).


4. Un exemple concret de RASCI en pratique

Prenons un exemple simplifié de matrice RASCI pour un lancement de produit.

Légende colonnes :

  • CP = Chef de projet
  • MKT = Marketing
  • COM = Commercial
  • PROD = Production
  • DIR = Direction
ActivitéCPMKTCOMPRODDIR
Étude de marchéSR/AIII
Définition de l’offreRRCCA
Conception packagingCRIR/AI
Plan marketingCR/ACII
Formation des commerciauxRSA/RII
Mise en ligne du site produitRSIII
Suivi des ventes / ajustementsRCR/ACI

En quelques lignes, vous avez déjà :

  • Identifié qui décide quoi,
  • Repéré qui fait vraiment le travail,
  • Sécurisé l’information aux bons niveaux.

Ce type de tableau, travaillé en réunion de projet, permet de mettre cartes sur table. Ce qui était implicite devient explicite… et donc discutable, améliorable, ajustable.


5. Utiliser le RASCI pour résoudre vos problèmes quotidiens

Le RASCI n’est pas réservé aux “gros projets”. Il peut vous aider à débloquer des situations très concrètes du quotidien.

Problème 1 – « On ne sait jamais qui doit répondre au client »

Utilisation du RASCI :

  • Listez les types de demandes : réclamation, question technique, demande de remise, incident grave, etc.
  • Pour chacune, définissez R, A, S, C, I.

Exemple pour une réclamation standard :

  • R = Service client (réponse opérationnelle),
  • A = Responsable service client,
  • S = Commercial et éventuellement Qualité,
  • C = Commercial en charge du compte,
  • I = Direction au-delà d’un certain montant ou niveau de gravité.

En quelques minutes, vous transformez un flou permanent en règles claires, comprises de tous.


Problème 2 – « Tout le monde se mêle de tout dans le projet, ça crée des tensions »

Utilisation du RASCI :

  • Faites une matrice sur les grandes étapes du projet.
  • Montrez clairement qui est A et R sur chaque sujet.
  • Limitez les C aux personnes réellement concernées.

Conclusion classique : certains acteurs doivent se recentrer sur leur rôle principal, d’autres doivent être davantage responsabilisés.
Les débats cessent de porter sur « Qui a le plus de pouvoir » et reviennent à « Qui est le mieux placé pour jouer ce rôle ».


Problème 3 – « On ne sait jamais qui doit valider quoi »

Ici, la lettre clé est le A de RASCI.
Pour chaque livrable (procédure, devis, maquette, décision RH, etc.), vous définissez :

  • R = Qui prépare,
  • A = Qui valide en dernier ressort,
  • C = Qui est consulté avant,
  • I = Qui est informé ensuite.

Très souvent, le simple fait de poser noir sur blanc le A règle déjà une grande partie du problème : il devient évident qui doit trancher… et qui doit accepter de ne pas être le décideur final.


6. RASCI et délégation : un allié précieux

Le RASCI est aussi un excellent support pour la délégation.

Quand vous déléguez une mission à un collaborateur, la confusion classique est la suivante :

  • Le manager croit avoir délégué le résultat,
  • Le collaborateur croit qu’il ne fait qu’exécuter une partie,
  • Et personne ne sait vraiment qui porte la responsabilité finale.

Avec le RASCI, vous pouvez clarifier :

  • Sur certaines tâches, le collaborateur est R et vous restez A : il exécute, vous gardez la validation finale.
  • Sur d’autres, il devient A : il décide, assume, porte le sujet devant les autres services ou la direction.

C’est un excellent outil pour faire monter des collaborateurs en puissance, étape par étape, en rendant visible la progression de leurs responsabilités.


7. Les erreurs classiques à éviter avec le RASCI

  1. Mettre tout le monde partout
    Si vous mettez R et C dans tous les sens, la matrice devient illisible. L’objectif est de simplifier, pas de complexifier.
  2. Refuser les vrais arbitrages
    Parfois, le RASCI fait apparaître un sujet délicat : deux services veulent être A, ou personne ne veut l’être. C’est justement là que le travail managérial commence : trancher, clarifier, assumer.
  3. En faire un document figé
    Un RASCI vit avec le projet. Vous pouvez le revoir à chaque grande étape : certaines responsabilités évoluent, certains acteurs changent, des partenaires externes apparaissent.
  4. Ne pas le partager
    Une matrice RASCI dans un fichier perdu sur un serveur ne sert à rien. L’outil prend son sens quand il est présenté, expliqué et validé avec les personnes concernées.
  5. Confondre R et A
    La tentation est forte de donner le A au manager “par principe”. Or parfois, la personne la mieux placée pour assumer vraiment un sujet… c’est le responsable opérationnel directement en prise avec le terrain.

8. Intégrer RASCI dans votre boîte à outils de manager

Le RASCI se combine très bien avec les autres outils de la “boîte à outils du manager” :

  • Avec les objectifs SMART :
    Vous définissez ce qu’il faut atteindre (SMART) et qui fait quoi pour y arriver (RASCI).
  • Avec GROW :
    GROW structure votre réflexion pour résoudre un problème (objectif, réalité, options, plan d’action). Le RASCI, lui, précise qui porte chaque action et chaque décision.
  • Avec DESC ou OSBD :
    Quand des tensions émergent sur les responsabilités (« Ce n’est pas mon job », « On ne m’a pas consulté »), vous pouvez traiter le conflit avec DESC ou OSBD… puis fixer durablement un cadre clair avec RASCI.

En résumé, le RASCI est l’outil de structure qui donne des fondations solides à vos projets et à vos activités.
Il ne remplace ni le dialogue, ni le leadership, ni la motivation. Mais il évite que vos talents se perdent dans le flou et les malentendus.


La prochaine fois que vous entendez « Ce n’était pas clair » ou « Je pensais que… », prenez une feuille, tracez un tableau, écrivez RASCI en haut… et posez calmement la question :

« Qui est R ? Qui est A ? Qui est S, C, I ? »

Vous verrez : en quelques minutes, le problème devient déjà beaucoup plus gérable, et votre équipe respire enfin dans un cadre où chacun sait ce qu’on attend de lui.


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